La chercheuse d’esprit

 

 

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Claude-François ATTIRET

(Dole, 1728-Dole, 1804)

 

La Chercheuse d’esprit

Terre cuite

H.:0,55 m avec piédouche en marbre ; L. : 0,33 m ; P. : 0,20 m

Modèle du marbre présenté au Salon de l’Académie de Saint-Luc en 1774

Legs Philibert Larmier, 1807

Inv. : CA 929

 

 

 

 

La Chercheuse d’esprit illustre un thème fort à la mode au XVIIIe siècle. Elle a donné son nom à un opéra-comique en un acte, œuvre de Charles-Simon Favart (1710-1792), dont la première représentation eut lieu à la Foire Saint-Germain, à Paris, en 1741.

Le principal personnage est une jeune fille de 14 ans, Nicette, à qui l’on reproche d’être trop naïve et, surtout, de manquer d’esprit ; tout au long de l’intrigue, on lui conseille de « chercher de l’esprit ». Elle finira par en trouver en même temps qu’elle découvre l’amour auprès d’un jeune homme que sa mère voulait épouser.

Ce petit opéra-comique fait connaître à l’auteur succès et célébrité. En 1778, le danseur Gardel imagine de créer un ballet pantomime pour l’opéra, le rôle sera tenu par la Guimard.

On retrouve bien dans cette tête d’enfant du sculpteur comtois Claude-François Attiret, aux traits arrondis, les paupières à demi-baissées, les lèvres esquissant un sourire, la grâce juvénile, l’innocence, voire la malice de la jeune Nicette.

Outre le charme de l’expression, il faut retenir la délicatesse du décolleté de la chemisette plissée, dégageant la gorge, la chevelure savamment agencée retenue par un ruban, de petites mèches ornant le front, les tempes et la nuque, des nattes relevées, une tresse dénouée retombant sur l’épaule droite. IL s’agit, très certainement, d’un portrait, sans doute une étude d’après nature d’une jeune fille ayant tenu la pose. Il renvoie aux images de fausses ingénues, mêlant naïveté et retenue, laissées par d’autres artistes contemporains, tels Jean-Antoine Houdon ou Jean-Baptiste Greuze.

Catherine GRAS (le 6 juin 2020)