Buste de Rameau

Jean-Jacques CAFFIERI

(Paris, 1725-Paris, 1792)

  

Jean-Philippe Rameau

(Dijon, 1683-Paris, 1764)

Terre cuite, H. : 75 cm ; L. : 53 cm ; P. : 30 cm ; signé et daté 1760.

Entré au musée avant 1834  Inv. CA 1094

 

L'Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon s'était constituée une importante collection de bustes d'hommes illustres de la Bourgogne, grâce à la générosité de certains de ses membres et à la libéralité des artistes. Parmi ces derniers le sculpteur Caffieri offre trois bustes, en 1775, dont celui de Rameau.

Jean-Philippe Rameau, de souche bourguignonne, passe 23 ans de sa vie à Dijon et ne rompra jamais les liens qui l'attachent à sa ville natale. Compositeur d'opéras, de ballets et de musique pour clavecin, le grand musicien est le créateur de la théorie moderne de l'harmonie (« Traité de l'Harmonie », 1722).

Dans sa critique du Salon de 1761 où le buste est exposé pour la première fois, Denis Diderot est frappé par la ressemblance : « on l'a fait froid, maigre et sec comme il est et on a bien attrapé sa finesse affectée et son sourire précieux ». Caffieri a su remarquablement exprimer le caractère du musicien avec son air dédaigneux et rêveur, un sourire esquissé du coin des lèvres pincées. Le portrait du musicien, âgé de 77 ans, est réaliste : visage amaigri, front ridé, joues creusées, le regard reste vif et pétillant (on note le procédé particulier caractéristique du sculpteur concernant le traitement de la pupille). Caffieri indique les moindres accidents de la peau (verrues, veines barrant le front). Le costume est relevé d'un ample pan de draperie qui confère à l'ensemble élégance et distinction.

 

Cette terre cuite, l’une des plus attachantes de Caffieri, est fort précieuse, puisque le marbre du Salon de 1771 a été détruit dans l’incendie de l’ancienne salle de l’Opéra en 1781.

Catherine Gras (le 23 avril 2020)